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jeudi 5 janvier 2017

Dans les pas de Cendrillon

 

Dans les pas de Cendrillon est un documentaire passionnant qui traite du célèbre conte, de ses origines, de ses interprétations ainsi que de ses diverses adaptations.
Il est disponible en replay sur le site d'Arte jusqu'au 8 janvier et je le conseille vivement à tous les amateurs de contes de fées : http://www.arte.tv/guide/fr/067117-000-A/dans-les-pas-de-cendrillon

Vous y apprendrez notamment que la première version de Cendrillon est chinoise et date de 850.
Cendrillon épousera le prince non pas grâce au coup de baguette d'une bonne fée mais parviendra à atteindre son destin par l'intermédiaire d'un poisson. En Chine, la petite chaussure symbolise, entre autres, l'harmonie dans les rapports amoureux.

On y évoque également le symbolisme des cendres qui représentent le deuil. En effet, Cendrillon porte le deuil de sa mère dans un monde qui semble l'oublier. Elle est gardienne de sa mémoire et va devoir se libérer de ce deuil pour grandir. En ce sens, le conte évoque avant tout le désir de vivre.

La dimension sociale du conte est également mise en relief. Le parcours de Cendrillon qui passe de l'âtre et de la cendre au mariage royal a nourri de nombreuses adaptations dont Sabrina de Billy Wilder avec Audrey Hepburn dans le rôle-titre. Il s'agit là d'une satire des classes supérieures américaines et le coup de baguette magique, c'est Paris !


Dans le conte de Perrault, la deuxième morale est assez mordante car il rappelle qu'un tel destin ne peut se réaliser sans une bonne marraine influente (à la cour) ...

C’est sans doute un grand avantage, 
D’avoir de l’esprit, du courage, 
De la naissance, du bon sens, 
Et d’autres semblables talents, 
Qu’on reçoit du ciel en partage ; 
Mais vous aurez beau les avoir. 
Pour votre avancement ce seront choses vaines, 
Si vous n’avez, pour les faire valoir. 
Ou des parrains ou des marraines.

Dans le conte des frères Grimm, une grande importance est accordée à la nature. En effet, Cendrillon plante sur la tombe de sa mère un rameau de noisetier. Il grandit et devient alors un arbre qui console Cendrillon à chaque fois qu'elle ressent du chagrin. Elle s'adresse au noisetier qui lui apporte ce dont elle a besoin par l'intermédiaire d'oiseaux.

(lien)

Toutefois, l'objet le plus féerique du conte reste la pantoufle qui ne se transforme pas après minuit. 
Le prince, à travers cette pantoufle, recherche son âme sœur, l'amour unique.
D'ailleurs, saviez-vous que Cendrillon ne se rend pas toujours au bal ? Dans certaines versions, elle se rend à la messe et doit partir avant le dernier évangile. Autant vous dire que je préfère largement le romantisme du bal.


Ce qui m'a semblé le plus fort dans ce documentaire, c'est l'idée que Cendrillon est avant tout un conte du désir de vivre, qui amène les être à sortir de leurs frontières ...

jeudi 9 mai 2013

Ariol, où est Pétula ?

Ça y est, le nouvel album d'Ariol "Où est Pétula" est sorti! Cette fois, il s'agit d'une histoire longue de 64 pages.


Aaaah Pétula… Il suffit que son nom soit prononcé pour qu’Ariol se sente tout chose. Alors imaginez dans quel trouble peut le plonger une invitation pour tout un après-midi chez la vachette de ses rêves ! Mais entre le moment où il doit appuyer sur la sonnette avec ses deux cadeaux, et celui où son père vient le chercher, rien ne se passe comme il le souhaiterait… Non seulement Pétula ne se montre ni tendre ni compréhensive vis-à-vis du timide ânon, mais surtout, elle passe son temps à disparaître, laissant Ariol en proie aux autres membres de la famille, Pancrace Mâchicoulis, le père, gigantesque taureau irascible, ou Waring, jeune veau un peu punk en pleine crise d’adolescence… Au milieu de tout ça, difficile de profiter de ces quelques heures avec son adorée !…


Cet album centré sur la famille de Pétula est drôle et bien écrit. Certains passages sont particulièrement amusants comme lorsqu'Ariol n'ose pas sonner à la porte d'entrée, tétanisé par sa timidité. C'est vraiment proche de ce qu'un vrai timide peut ressentir! Comme le dit si bien Ariol, C'est pénible d'être timide. Ça complique toujours tout.

Dans cet album, Pétula est égale à elle même : une petite peste qui n'a que faire d'Ariol. (Pourquoi mais pourquoi ne préfère-t-il pas Bisibille?) Ses parents sont, quant à eux, beaucoup plus sympathiques et le père est très... charismatique!
Ce que j'aime chez Ariol, c'est que les personnages sont bien construits et disposent d'une histoire qui leur est propre. Ils ne sont pas tous issus du même milieu social et vivent selon des codes qui leur sont propres. Ainsi, chaque enfant peut retrouver un peu de son univers et s'identifier facilement aux personnages.

Petit clin d'oeil à une autre bande dessinée que j'aime beaucoup : si vous cherchez bien, vous trouverez un album de Boule et Bill dans la chambre du grand frère de Pétula!

N'hésitez pas une seconde, lisez Ariol! (Une BD paraît chaque mois dans J'aime lire)
Autre bonne nouvelle : d'autres histoires longues  focalisées sur l'un des amis d'Ariol devraient voir le jour!


lundi 18 mars 2013

Drôles de petites bêtes...

J'aime beaucoup les albums et romans jeunesse qui donnent vie à nos adorables petites bêtes des jardins et campagnes environnantes et j'ai eu envie de partager avec vous ce petit plaisir :



Le petit lapin gris (A little grey rabbit book) d'Alison Uttley et Margaret Tempest :


Alison Uttley a écrit, si mes sources sont bonnes, plus d'une centaines de livres. La série du "petit lapin gris" est la plus célèbre. Il s'agit de charmantes petites aventures mettant en scène des lapins, renards, hérissons, taupes ou écureuils.
Je n'ai lu que trois histoires pour le moment et ma préférence va à ce cher petit hérisson du nom de Doupiquant à qui il arriva une bien drôle d'histoire alors qu'il portait un gâteau à la poule mouchetée...
Je connais encore mal l'univers d'Alison Uttley mais j'espère bien trouver le temps de m'y plonger davantage!
Ses journaux ont été publiés en 2009 et révèlent, visiblement, une femme au caractère quelque peu difficile. J'ai lu qu'elle n'aimait pas être comparée à Beatrix Potter alors attention à ce que vous dîtes!
Un site à visiter pour en savoir plus : http://alisonuttley.co.uk/main.html





Les aventures des Trotte Menu (Foxwood Tales) de Cynthia et Brian Paterson :


 

J'espère que les auteurs me permettront cette comparaison mais ces petits animaux là partagent de nombreux points communs avec les souris des quatre saisons! Les trois héros sont Colin Lapin, Marceau Souriceau et Léon Hérisson. Leur quotidien est souvent mis à mal par une bande de méchants rats...
Si vous regardez bien les illustrations ci-dessus, vous y verrez un petit clin d'oeil à Beatrix!



Les souris des quatre saisons (Brambly Hedge) de Jill Barklem :


A ma connaissance, il existe huit histoires de Jill Barklem et deux autres (datant des années 2000) illustrées par Lizzie Sanders.
Un conseil, laissez-vous tenter par les adaptations télévisées!



La famille Passiflore de Geneviève Huriet et Loïc Jouannigot  :



Ces lapins là sont français! 
Depuis le décès de leur maman, les lapereaux Passiflore vivent avec leur père et leur tante. Il existe de nombreux albums, tous mettant en scène avec beaucoup de tendresse la vie quotidienne, ses joies et ses peines.


Les animaux du bois de Quatsous (The Animals of Farthing Wood) de Colin Dann :

Je ne connais que les dessins animés mais j'espère avoir un jour l'occasion de découvrir les romans.


L'histoire est celle d'animaux, menés par Renard, contraints de quitter leur logis à cause des humains qui attaquent leur forêt à l'aide de bulldozers et bétonneuses. Leur seul espoir de retrouver la paix est de gagner le Parc du Daim Blanc. Un long périple, criblé d'embûches les attend...


Les Bunnykins :

Je connais mal ces lapins mais ils me sont déjà très sympathiques! J'espère en découvrir davantage prochainement...


Et bien sûr, comment ne pas évoquer les plus connus à savoir les animaux de Beatrix Potter et ceux du Vent dans les saules de Kenneth Grahame!


(Inga Moore)

Et, rapidement, les souris hollandaises de Marjolein Bastin :



Pour Milly, les petits animaux de Susan Wheeler :



Le monde féérique de Molly Brett :




Le petit monde de la forêt de René Cloke :




La famille souris de Kazuo Iwamura :



Terminons avec Racey Helps


Et vous, quels sont vos petits animaux préférés?

mardi 17 juillet 2012

Le trésor de l'enfance


Le trésor de l'enfance paru chez Gallimard Jeunesse est un recueil de textes (albums, romans, contes, poèmes, chansons) destinés à la jeunesse. La sélection est très enrichissante et surtout variée : L'âne trotro côtoie Pierre Lapin, les drôles de petites bêtes mais aussi le chat botté, Delphine et Marinette des contes du chat perché, le petit prince, Héloïse et j'en passe. On croise ainsi Victor Hugo, Quentin Blake, Roald Dahl, Robert Desnos, Jean Giono, Rudyard Kipling, Pef, Tony Ross, Maurice Sendak, etc.
De belles découvertes en perspective!

Si je ne devais retenir que cinq histoires, ce serait les suivantes :

- L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Ce grand classique des textes écologistes avait, pour Jean Giono, le but de "faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres". Il y raconte l'aventure tranquille d'un berger solitaire, en Provence, qui passe la fin de sa longue vie, à semer et planter des arbres dans des collines où l'exploitation humaine incontrôlée avait créé le désert. Avec l'arbre revenu, c'est en fait toute la vie qui revient dans ces contrées. Une très belle leçon d'écologie au sens philosophique et scientifique, c'est-à-dire de sagesse. Les droits d auteur que Jean Giono n a jamais voulu toucher sur ce texte sont reversés à l association de protection de l environnement Robin des Bois. 

Un texte émouvant et profondémment humain que je vous conseille chaudement.
Quoi de mieux que la belle voix de Phillipe Noiret pour le découvrir? (petit clin d'oeil à ma maman qui pratique la lecture à voix haute et dont j'attends l'avis impatiemment)



- Au revoir Blaireau de Susan Varley

Un matin, les amis de blaireau se rassemblent devant sa porte. Ils s'inquiètent parce que leur vieil ami n'est pas venu pour leur dire bonjour et leur prodiguer ses bons conseils, comme d'habitude... 

Un bel album pour aborder la mort et le deuil avec poésie, tendresse et pudeur. L'univers de Susan Varley n'est pas sans rappeler celui du Vent dans les saules. Magnifique!




- Clément aplati de Jeff Brown et Tony Ross

Depuis que le tableau d'affichage qui surplombait son lit est tombé sur lui, Clément est toujours un petit garçon en parfaite santé. Il mesure un mètre vingt-deux, mais il n'a plus maintenant... qu'un centimètre d'épaisseur Imaginez les avantage mais aussi les désagréments d'une telle situation. 

Une histoire loufoque et pleine de bonne humeur que j'avais adorée lorsque j'étais enfant. Quel plaisir de la redécouvrir dans ce recueil!



- La patte du chat de Marcel Aymé illustré par Claudine et Roland Sabatier

Delphine et Marinette cassent en jouant dans la cuisine un vieux plat de faïence. Pour les punir, les parents décident de les envoyer chez la méchante tante Mélina dès le lendemain s'il ne pleut pas. Heureusement le chat sait comment aider les fillettes : il passe sa patte derrière l'oreille et la pluie ne se fait guère attendre... 

J'ai découvert les contes du chat perché à onze ans et il s'agit de l'un de mes premiers coups de cœur littéraires. Un peu comme chez Beatrix Potter, l'univers de Marcel Aymé est réaliste et parfois cruel mais merveilleusement adouci par quelques notes de fantaisie et de magie.

Un beau souvenir d'enfance...

Il existe de jolis dessins animés adaptés de ces contes :



- Pierrot ou les secrets de la nuit de Michel Tournier

Pierrot aime Colombine, son amie d'enfance, sa jolie voisine. Colombine est blanchisseuse et travaille le jour. Pierrot est boulanger. Petit à petit, Colombine se lasse de son amoureux qui travaille la nuit quand tous les autres dorment. Passe alors Arlequin, le peintre aux couleurs de l'arc-en-ciel...

Drôle d'histoire que celle de Pierrot... Le style de Michel Tournier est très poétique et certains passages sont absolument magiques mais les petites touches d'érotisme qui parsèment le conte m'ont dérangée. Je serais bien curieuse de connaître d'autres avis! Amis lecteurs, qu'en avez-vous pensé?

Je vous quitte avec la lettre de Pierrot adressée à Colombine :

Colombine! 
Ne m'abandonne pas!
Ne te laisse pas séduire par les couleurs chimiques et superficielles d'Arlequin!
Ce sont des couleurs toxiques, malodorantes et qui s'écaillent.
Mais moi aussi j'ai mes couleurs.
Seulement, ce sont des couleurs vraies et profondes.
Ecoute bien ces merveilleux secrets :
Ma nuit n'est pas noire, elle est bleue!
Et c'est un bleu qu'on respire.
Mon four n'est pas noir, il est doré!
Et c'est un or qui se mange.
La couleur que je fais réjouit l'oeil, mais en outre elle est épaisse, substantielle, elle sent bon, elle est chaude, elle nourrit.
Je t'aime et j'attends,
Pierrot

Et puis non, je ne peux pas vous quitter sans évoquer brièvement Si la lune pouvait parler de Kate Banks et Georg Hallensleben.

Par la fenêtre grande ouverte, un rayon de lune pénètre dans la chambre de l'enfant, éclairant les objets familiers. Dehors, la nuit est tombée. Si la lune pouvait parler, elle raconterait l'ombre qui se glisse dans la fôret et le lézard qui se hâte de rentrer chez lui...

L'illustrateur s'est, sans aucun doute, fortement inspiré de l’œuvre de Gauguin pour illustrer cet album d'une  rare poésie.
A découvrir absolument!

Les yeux se ferment. Les ailes du silence s'ouvrent dans un souffle. La nuit noire n'est plus qu'un rêve multicolore.
Et si la lune pouvait parler...


vendredi 30 mars 2012

Le petit dernier : Théo le Mulot


Sa veste me fait penser à celle d'un certain petit Pierre. Il m'a l'air bien pressé en tout cas...

Les drôles de petites bêtes de l'étonnant Antoon Krings


Connaissez-vous le merveilleux jardin d'Antoon Krings peuplé de drôles de petites bêtes à la personnalité bien affirmée?
Si non, je vous conseille d'y jeter un œil, vous en rencontrerez forcément une qui vous ressemble un peu.
Les albums colorés et pleins de vie d'Antoon Krings sont un régal pour les yeux. Le jardin y est roi et la nature magnifiée. Amoureux des jardins, vous serez comblés!

Je vous laisse faire connaissance :

Mireille l'abeille, bien sûr, la vedette de la série mais aussi une grande courageuse et une fidèle amie :

Léon le bourdon paresseux et un brin égoïste :

Il y a aussi Grace la limace qui subit beaucoup de moqueries à cause de sa lenteur. Heureusement qu'elle peut compter sur la gentille et dévouée Marie la fourmi : "Fichez lui la paix à la fin, elle en a assez bavé comme ça!"

Autant vous dire que Marie est ma préférée. C'est la plus gentille mais elle se laisse trop souvent marcher sur les pieds!

D'autres petites bêtes :





J'ai eu la chance de rencontrer Antoon Krings au salon du livre de Paris, il y a deux semaines. Malgré sa gentillesse, j'ai été très intimidée. Je n'ai donc pas pu converser avec lui et c'est bien dommage car il est plein de richesses. Une autre fois, j'espère...