mercredi 18 juillet 2012

Mon ennemi chéri, Jean Webster


Vous souvenez-vous de Papa-Longues-Jambes et de la petite Judy à la plume bien acérée? 
Quels beaux moments j'avais passé en sa compagnie, il y a quelques années...
C'est donc avec un réel plaisir que j'ai commencé ma lecture de Mon ennemi chéri, espérant retrouver ce qui m'avait tant plu dans le premier roman de Jean Webster.
Là encore, il s'agit d'un roman épistolaire mais cette fois, Judy est la principale destinataire des lettres de... Sally Mac Bride!! Vous savez, l'amie de Judy à l'université!
Sally a un caractère bien trempé, beaucoup d'humour et ses lettres sont à son image : drôles, passionnées et mordantes.

Notre héroïne envisage de se marier à un riche homme politique (pour résumer : un bon parti) jusqu'à ce que Judy lui propose de prendre la tête de l'orphelinat dans lequel elle a grandi et qui a besoin d'un sacré dépoussiérage.
Sally hésite car ses plans sont bien différents mais elle finit par accepter. Ce qui est amusant et original, c'est qu'au départ, elle explique clairement qu'elle n'est pas très à l'aise avec les enfants et qu'elle n'arrive pas à les trouver attachants. Étonnant pour une héroïne de cette époque, non? Bien sûr, au fil des pages, elle fait connaissance de chacun d'eux et peine ensuite à s'en séparer...
Ses mésaventures sont drôles et le ton est enjoué. La romance est charmante et l'ennemi en question plutôt séduisant sous ses allures d'homme froid et distant.

Toutefois, j'ai quelques critiques à émettre et ce n'est pas de gaieté de cœur car dans l'ensemble, j'ai trouvé ce roman très sympathique.
Tout d'abord, Judy semble avoir perdu de sa fantaisie et le personnage s'est beaucoup affadi.
Ensuite, ce qui m'a le plus dérangé lors de ma lecture, ce sont ces petites réflexions sur l'éducation et l'idée que la personnalité d'un individu est déterminée par celle de ses parents en sachant, par exemple, que l'alcoolisme est une tare qui se transmet génétiquement. L'enfant dont les parents ont eu de mauvaises mœurs sera forcément doté d'un caractère faible voire mauvais et d'un physique ingrat... Je vous passe les détails mais c'est réellement choquant.

Malgré tout, je vous conseille la lecture de Mon ennemi chéri car Sally est un personnage haut en couleur, non conventionnel et vraiment très drôle. 

Le livre (éditions Hachette) n'est plus disponible mais vous pourrez le trouver sur des sites de vente de livres d'occasion.

Une petite citation de Papa-Longues-Jambes, pour le plaisir :

Depuis que j’ai appris à lire, j’ai inventé un bien joli jeu; je m’endors chaque soir en me persuadant que je suis l’héroïne du livre que je suis en train de lire.
A présent, je suis Ophélie, ô une Ophélie pleine de bon sens! Je passe mon temps à distraire Hamlet. Je le câline, je le gronde, je veille à ce qu’il mette son écharpe dès qu’il fait froid. Je l’ai complètement guéri de sa mélancolie. Le roi et la reine sont morts tous les deux lors d’un naufrage en mer ce qui nous a dispensé des funérailles.
Maintenant Hamlet et moi régnons en maîtres sur le royaume de Danemark. Nous nous en sortons magnifiquement. Lui s’occupe du gouvernement et moi des œuvres de bienfaisance.

4 commentaires:

Emjy a dit…

Comme je te le disais, à cause des réserves que tu as formulées, je ne pense pas le lire. Enfin, pas dans l'immédiat.
Sinon, je trouve la couverture de cette édition absolument ravissante :D

Milly a dit…

J'aimerais bien le lire en français, mais je crois qu'il n'est pas traduit?? n'est-ce pas?

Je me souviens du passage de papa longues-jambes. Quand elle fait les arrangements elle-même de ses romans! :)

Nous sommes gâtées cette semaine de tous ces billets!

Anonyme a dit…

et oui ! vive les vacances de notre Jo !!! ;)
vb

Jo a dit…

@Emjy : J'étais sûre que la couverture te plairait. ;)
@Milly : Il existe une version française (édition Hachette). J'espère que tu la trouveras car ça date des années 50, si je ne me trompe pas.
@VB : oui, vive les vacances! J'en profite pour rattraper mon "retard". ;)