mardi 17 juillet 2012

Le trésor de l'enfance


Le trésor de l'enfance paru chez Gallimard Jeunesse est un recueil de textes (albums, romans, contes, poèmes, chansons) destinés à la jeunesse. La sélection est très enrichissante et surtout variée : L'âne trotro côtoie Pierre Lapin, les drôles de petites bêtes mais aussi le chat botté, Delphine et Marinette des contes du chat perché, le petit prince, Héloïse et j'en passe. On croise ainsi Victor Hugo, Quentin Blake, Roald Dahl, Robert Desnos, Jean Giono, Rudyard Kipling, Pef, Tony Ross, Maurice Sendak, etc.
De belles découvertes en perspective!

Si je ne devais retenir que cinq histoires, ce serait les suivantes :

- L'homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Ce grand classique des textes écologistes avait, pour Jean Giono, le but de "faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres". Il y raconte l'aventure tranquille d'un berger solitaire, en Provence, qui passe la fin de sa longue vie, à semer et planter des arbres dans des collines où l'exploitation humaine incontrôlée avait créé le désert. Avec l'arbre revenu, c'est en fait toute la vie qui revient dans ces contrées. Une très belle leçon d'écologie au sens philosophique et scientifique, c'est-à-dire de sagesse. Les droits d auteur que Jean Giono n a jamais voulu toucher sur ce texte sont reversés à l association de protection de l environnement Robin des Bois. 

Un texte émouvant et profondémment humain que je vous conseille chaudement.
Quoi de mieux que la belle voix de Phillipe Noiret pour le découvrir? (petit clin d'oeil à ma maman qui pratique la lecture à voix haute et dont j'attends l'avis impatiemment)



- Au revoir Blaireau de Susan Varley

Un matin, les amis de blaireau se rassemblent devant sa porte. Ils s'inquiètent parce que leur vieil ami n'est pas venu pour leur dire bonjour et leur prodiguer ses bons conseils, comme d'habitude... 

Un bel album pour aborder la mort et le deuil avec poésie, tendresse et pudeur. L'univers de Susan Varley n'est pas sans rappeler celui du Vent dans les saules. Magnifique!




- Clément aplati de Jeff Brown et Tony Ross

Depuis que le tableau d'affichage qui surplombait son lit est tombé sur lui, Clément est toujours un petit garçon en parfaite santé. Il mesure un mètre vingt-deux, mais il n'a plus maintenant... qu'un centimètre d'épaisseur Imaginez les avantage mais aussi les désagréments d'une telle situation. 

Une histoire loufoque et pleine de bonne humeur que j'avais adorée lorsque j'étais enfant. Quel plaisir de la redécouvrir dans ce recueil!



- La patte du chat de Marcel Aymé illustré par Claudine et Roland Sabatier

Delphine et Marinette cassent en jouant dans la cuisine un vieux plat de faïence. Pour les punir, les parents décident de les envoyer chez la méchante tante Mélina dès le lendemain s'il ne pleut pas. Heureusement le chat sait comment aider les fillettes : il passe sa patte derrière l'oreille et la pluie ne se fait guère attendre... 

J'ai découvert les contes du chat perché à onze ans et il s'agit de l'un de mes premiers coups de cœur littéraires. Un peu comme chez Beatrix Potter, l'univers de Marcel Aymé est réaliste et parfois cruel mais merveilleusement adouci par quelques notes de fantaisie et de magie.

Un beau souvenir d'enfance...

Il existe de jolis dessins animés adaptés de ces contes :



- Pierrot ou les secrets de la nuit de Michel Tournier

Pierrot aime Colombine, son amie d'enfance, sa jolie voisine. Colombine est blanchisseuse et travaille le jour. Pierrot est boulanger. Petit à petit, Colombine se lasse de son amoureux qui travaille la nuit quand tous les autres dorment. Passe alors Arlequin, le peintre aux couleurs de l'arc-en-ciel...

Drôle d'histoire que celle de Pierrot... Le style de Michel Tournier est très poétique et certains passages sont absolument magiques mais les petites touches d'érotisme qui parsèment le conte m'ont dérangée. Je serais bien curieuse de connaître d'autres avis! Amis lecteurs, qu'en avez-vous pensé?

Je vous quitte avec la lettre de Pierrot adressée à Colombine :

Colombine! 
Ne m'abandonne pas!
Ne te laisse pas séduire par les couleurs chimiques et superficielles d'Arlequin!
Ce sont des couleurs toxiques, malodorantes et qui s'écaillent.
Mais moi aussi j'ai mes couleurs.
Seulement, ce sont des couleurs vraies et profondes.
Ecoute bien ces merveilleux secrets :
Ma nuit n'est pas noire, elle est bleue!
Et c'est un bleu qu'on respire.
Mon four n'est pas noir, il est doré!
Et c'est un or qui se mange.
La couleur que je fais réjouit l'oeil, mais en outre elle est épaisse, substantielle, elle sent bon, elle est chaude, elle nourrit.
Je t'aime et j'attends,
Pierrot

Et puis non, je ne peux pas vous quitter sans évoquer brièvement Si la lune pouvait parler de Kate Banks et Georg Hallensleben.

Par la fenêtre grande ouverte, un rayon de lune pénètre dans la chambre de l'enfant, éclairant les objets familiers. Dehors, la nuit est tombée. Si la lune pouvait parler, elle raconterait l'ombre qui se glisse dans la fôret et le lézard qui se hâte de rentrer chez lui...

L'illustrateur s'est, sans aucun doute, fortement inspiré de l’œuvre de Gauguin pour illustrer cet album d'une  rare poésie.
A découvrir absolument!

Les yeux se ferment. Les ailes du silence s'ouvrent dans un souffle. La nuit noire n'est plus qu'un rêve multicolore.
Et si la lune pouvait parler...


3 commentaires:

Milly a dit…

Ton billet est adorable! Il me donne envie de découvrir Les contes du chat perché. Quand à Pierrot, je crois ne jamais avoir lu, je l'ai associé à tort je crois à la chanson de Maurice Carême 'Au clair de la lune' .. Mais l'extrait que tu mets, semble effectivement apporter une touche d'érotisme qui ne coincide pas vraiment à l'enfance.
Mais existe-t-il une version pour les enfants et une autre pour adulte?

Les trésors de l'enfance! Quel magnifique livre, j'adore la courte histoire au début du petit poisson dans la poche.. ou quelque chose comme ça, c'était ingénieux!

Anonyme a dit…

merveilleux, merveilleux lecteur que Philippe Noiret !! quel régal de l'écouter lire .... tout au long de cette belle histoire, il nous transporte avec tant d'émotions et de justesse. OUI cette histoire est profondément humaine. Que serions nous sans nos Chers Arbres ?
merci ma petite Jo pour ce joli billet, quel plaisir j'ai eu d'écouter ce grand maître de la lecture à voix haute !
vb

Jo a dit…

@Milly : Les contes du chat perché ne devraient pas te décevoir. N'hésite pas! :)
Pour Pierrot, je n'en sais pas plus... J'imagine qu'il existe plusieurs versions mais celle-ci m'a vraiment étonnée.

@VB : J'étais sûre que tu aimerais. Cette histoire (vraie) est bouleversante.