jeudi 20 octobre 2011

Merci Arnold!


Avant de devenir un brillant illustrateur et raconteur d'histoires pour enfants, Arnold Lobel (1933-1987) fut un petit garçon malade dont les parents divorcent alors qu'il n'avait que six mois. 
Rejeté par les autres enfants de son âge, la force d'Arnold réside dans son imagination débordante...


On voudrait pouvoir lancer un avis de recherche, un "perdu de vue" spécial école de Schenectady, Etat de New York, third grade, année 1941, et s'adresser ainsi aux anciens camarades d'Arnold : Vous qui l'avez traité comme un pestiféré quand il est revenu. Vous qui vous êtes moqués de lui. Vous qui l'avez dévisagé, mis en quarantaine, frappé. Vous qui avez rendu son âme triste à en mourir. Son âme de huit ans. Sachez que les enfants du monde entier vouent à votre bêtise et à votre méchanceté une reconnaissance éternelle. On vous pardonne, imbéciles, parce que vous ne saviez pas ce que vous faisiez. Parce que l'imagination n'était pas votre fort. C'était le sien. C'était son arme, la seule qu'il avait.


Son univers tendre, drôle, parfois fantasque n'est pas sans rappeler celui de Beatrix Potter, de Kenneth Grahame ou encore de Jill Barklem. Ses histoires sont simples mais efficaces et la grande force de ses albums réside dans ses illustrations douces, poétiques et chaleureuses. La nature y est reine et la maisonnée accueillante. Si le merveilleux côtoie le quotidien comme si de rien n'était, l'inquiétude et la tristesse habitent parfois nos petits héros.
Les histoires d'Arnold Lobel sont un savoureux mélange de sentiments variés et puissants malgré le minimalisme de la narration.


Les histoires sont un remède. Arnold le sait depuis toujours. Les histoires sont des bras tendus, des caresses et des murmures. Les histoires sont des desserts. Les histoires sauvent la vie. Il peuple les siennes de feux de bois, de bons fauteuils, de livres et de bouquets de fleurs, de rondeurs, de douceurs, d'amitiés idylliques. Il s'est senti tellement abandonné qu'il écrit et dessine pour que personne ne se sente abandonné en le lisant.


Les personnages d'Arnold Lobel sont étonnement touchants et apparaissent rapidement comme de vieux amis d'enfance. Mon préféré? Hulul le hibou solitaire aux aventures improbables. 
Hulul et la lune, Le thé aux larmes, Etage et rez-de-chaussée, je ne me lasserai jamais de ces histoires comme je ne me lasserai jamais de celles de Pierre Lapin, Rat et Taupe, Winnie l'Ourson et les autres.

Désormais, c'est sûr, Arnold Lobel est dans mon cœur. Et je me sens, bien sûr, encore moins seule!


Je vous conseille vivement l'album Hulul et compagnie (publié à l'École des Loisirs) qui réunit de nombreuses histoires d'Arnold Lobel.
Il débute par une touchante préface de Sophie Chérer d'où sont d'ailleurs tirés les passages en italique de mon billet.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne connaissais pas le personnage. Mais je trouve ses dessins épatants. Franchement, les deux grenouilles sur leur vélo avec leur sourire énigmatique, me font penser à Totoro et à son ami chat-bus de Miyazaki. Tout çà me donne envie d'aller hulluler avec les hiboux. Merci Jo.

Jo a dit…

Oui, c'est vrai qu'il y a un petit quelque chose de Miyazaki chez lui. Je n'y avais pas pensé.
Bonne lecture alors et merci pour ton passage sous les lilas!

Milly a dit…

Arnold Lobel? Je ne connaissais pas.
Quel beau billet :) Merci pour cette belle découverte!

Jo a dit…

De rien Milly! ;) Je craque particulièrement pour Hulul!