vendredi 18 mars 2011

Le cabinet de cristal de Mary Butts (1937)


Le cabinet de cristal est un recueil de souvenirs de l'enfance de Mary Butts dans une famille aristocratique et cultivée. Durant les premiers chapitres, ses souvenirs apparaissent sans relation les uns avec les autres mais au fil des pages, se dessine une colonne vertébrale vigoureuse que l'on n'attendait pas.
Son enfance est marquée par la mort de son père et la destruction de ses livres jugés scandaleux par sa mère. Solitaire et imaginative, Mary Butts s'invente des jeux, des amis et apprend grâce aux livres, tout ce que l'on refuse de lui dire.
Mary Butts a su traduire l'impalpable, l'irréel, le passage de l'enfance à l'âge adulte, ce passage marqué par le désenchantement, la désillusion mais aussi par la curiosité et l'éveil des sens.
Elle évoque son éducation, pose un regard critique sur l'enseignement et les écoles pour jeunes filles de l'époque et retrace avec poésie ses nombreux questionnements sur des sujets comme la religion, la féminité, la force et le mystère de la nature. Ses anecdotes sont souvent tristes parfois cocasses ou dramatiques.
Ce livre nous donne envie de la connaître davantage et nous aide à poser des mots sur des sensations et découvertes parfois oubliées qui ressurgissent brusquement.
Le titre du livre est celui d'un poème de William Blake et cet extrait résume assez bien l'esprit du roman :

Mon esprit m'apparaissait comme un cabinet pourvu de toutes sortes d'étagères, de placards et de tiroirs.  De placards et de tiroirs secrets aussi. Beaucoup étaient encore vides et j'avais hâte de les remplir; d'autres se trouvaient dans des endroits secrets et, de temps en temps, j'en oubliais la clef. Des endroits où était conservé le souvenir de l'arbre sur le terrain de l'abbaye. L'arbre, le Héros du Mal et le Prince Blessé, les présents que m'avait légué l'esprit de mon père.
Mais c'était essentiellement un cabinet vide; un cabinet de cristal, pareil à celui à l'intérieur et à l'extérieur duquel Blake aurait voulu vivre tout à la fois. C'était peut-être là ce que signifiait apprendre à vivre. Apprendre vraiment. Pas à moitié comme la plupart des gens. Tout le monde est capable de vivre à l'extérieur, et très rares sont ceux qui peuvent vivre entièrement à l'intérieur.

(paru aux éditions Anatolia qui ont également publié en français son premier roman : Armée de folie)

2 commentaires:

Milly a dit…

Un autre livre que tu me fais découvrir et qui m'attire comme du miel! J'espère le retrouver facilement.

Jo a dit…

Encore une fois, il devrait te plaire! :)
D'ailleurs, tu me rappelles qu'il faut vraiment que je découvre son premier roman "Armée de folie"... Que de livres à lire! :)